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Bolivie : un sous-sol tant convoité

Posted by on 8 mars 2013

La Bolivie est l'un des rares pays du continent américain à ne pas avoir de frontières maritimes (ils ne sont que 2, avec le Paraguay sur les 51 pays que compte tout le continent américain -nord, central et sud-). C'est également l'un des pays les plus pauvres du sous-continent sud-américain. Et pourtant, les richesses minières sont nombreuses. Le sous-sol bolivien a grandement contribué à la richesse des conquistadors espagnols.

Selon les régions, on trouve des hydrocarbures, de l'or, de l'argent, du lithium…

 

L'argent de Potosi, le pétrole de Santa Cruz et la ruée vers l'Or en Amazonie..
Potosi, classée Patrimoine mondial par l'UNESCO

Potosi, classée Patrimoine mondial par l'UNESCO

La ville de Potosi était autrefois la ville la plus riche d'Amérique du Sud grâce aux mines d'argent (dont quelques unes sont toujours ouvertes aujourd'hui). Cette ressource minière fut découverte par les conquistadors à la fin du 16ème siècle. À la fin du 18ème siècle, fière de sa position, la place centrale et les rues adjacentes furent pavées … d'argent ! Aujourd'hui, ces pavés ont bien entendu été remplacés, et Potosi est désormais plus connue comme la ville (de plus de 100.000 habitants) la plus haute du monde (à 4070m au-dessus du niveau de la mer).

 

Place centrale de Santa Cruz

Plus à l'Est, la province de Santa Cruz est, elle, fournie en hydrocarbures. La Bolivie possède la 2ème plus grande réserve de gaz naturel d'Amérique du Sud (après le Vénézuela). C'est à ce jour la région la plus riche du pays, et cela se ressent dans la ville et à travers ses habitants où la population blanche dite « gringo » est bien plus présente qu'à La Paz ou dans les provinces de l'Ouest de la Bolivie. Les pétro-dollars étant redistribués dans tout le pays, la province réclame son autonomie afin de pouvoir profiter davantage de ses ressources naturelles. Santa Cruz, avec son climat tropical, est aujourd'hui la ville la plus peuplée de Bolivie.

 

Les Yungas boliviennes

Les Yungas boliviennes

Au sud de la province de Santa Cruz, dans la région des Yungas, on peut parcourir le Sentier de l'or datant de la civilisation Inca. Ce sentier, long d'une cinquantaine de kilomètres, joint la forêt tropicale du bassin amazonien à l'altiplano andin. Des dizaines de villages de chercheurs d'or s'égrainent le long du parcours, traces vivantes d'un passé riche et glorieux.

 

L'or et l'argent étaient autrefois les principales richesses, attirant toutes les convoitises. Aujourd'hui, la folie des hydrocarbures a pris le relai. Les ressources mondiales d'hydrocarbures s'amenuisant, il faut désormais trouver d'autres sources d'énergie… Et la Bolivie n'est pas en reste cette fois encore !

 

Le lithium, de grands espoirs et une batterie de questions

Le Salar d'Uyuni

Le Salar d'Uyuni

Le salar d'Uyuni est le plus grand désert de sel au monde avec une superficie de plus de 12.000km2. La surface lisse, blanche sur laquelle se reflète le soleil, donne une impression d'infini. Au-delà des 4m de croûte de sel, une ressource quasiment inexploitée gît : le lithium.

Le lithium est aujourd'hui utilisé dans de nombreux appareils, dont peut-être celui que vous avez sous les yeux ! Appareils photos, téléphones, tablettes, ordinateurs, … contiennent de plus en plus fréquemment une batterie fonctionnant grâce au lithium. Aujourd´hui, le Chili est le premier fournisseur mondial, mais ce ne sera peut-être plus le cas dans quelques années. Les ressources boliviennes de lithium présentes dans le salar d'Uyuni ont récemment été expertisées par des compagnies étasunienne et bolivienne. Celles-ci ont estimé, respectivement, les réserves à 3 et 10 fois supérieures à celles du Chili. Ce gisement représenterait donc entre 50% et 70% des réserves mondiales !

Exploité pendant une dizaine d'années par des investisseurs étrangers, le contrat a été rompu par le Président Morales dans les années 1990 pour cause de bénéfices insuffisants pour le pays.

 

Dans les années à venir, la demande en lithium risque d'exploser du fait de l'augmentation de la demande d'équipements électroniques et surtout de voitures électriques. Qui dit augmentation de la demande, dit également augmentation du prix de la ressource sur le Marché. Ne nous étonnons donc pas de voir les grands industriels se pourléchant derrière la porte d'Evo Morales en espérant gagner le droit d'exploitation du gisement d'Uyuni. En 2009, le président bolivien reçut nombre d'entre eux (LG, Hyundai, Mitsubishi, Bolloré,…), mais reporta finalement l'appel d'offre en 2014-2015.

En attendant, l'industrie bolivienne du lithium se met timidement en marche. En 2010, l'état a ouvert une industrie d'extraction pilote à quelques kilomètres du village d'Uyuni.

 

Pour avoir vu les richesses naturelles du pays trop souvent exploitées au cours de son histoire, la volonté du gouvernement bolivien est aujourd'hui de mettre en place une industrie d'état afin que tous les bénéfices du lithium reviennent au pays et au peuple bolivien. Mais il sera sans doute difficile de répondre à la demande sans développer davantage ce secteur. L'État a déjà peiné à réunir les fonds nécessaires à l'ouverture de cette industrie pilote qui produit à ce jour moins de 4000 tonnes de lithium par an (soit 10 fois moins que le premier producteur mondial, son voisin chilien). Il faudra sans doute accepter l'investissement étranger, ce que redoute les communautés locales qui, non opposées à l'exploitation du lithium, le seraient si cette éventualité venait à se produire.

Pour les communautés locales du sud de l'altiplano, outre Uyuni où le tourisme est la principale source de revenu, c'est la culture du quinoa et l'élevage de lamas qui fait vivre les habitants. Pour eux, les royalties issues du lithium pourraient notamment subventionner l'installation de systèmes d'irrigation dans ces terres désertiques.

L'eau est d'ailleurs une question soulevée par les écologistes boliviens. Comme la plupart des industries d'extraction, l'industrie du lithium est fortement consommatrice d'eau, ce qui est un problème lorsque la source se situe au coeur d'un désert…

 

Une nouvelle ressource minière qui rechargerai les caisses de l'État, mais pour quelles avancées et compensations pour les populations ?

Aujourd'hui une seule chose est certaine : le lithium est en passe de devenir une ressource qui vaut de l'or.

 

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