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Centre rouge : terre du « rêve » aborigène

Posted by on 28 janvier 2013

Après avoir visité les villes du Sud de l'Australie, parcouru la Great Ocean Road, j'avais hâte de me rendre dans le centre du pays, à travers le grand désert australien vers les territoires aborigènes. Les Aborigènes représente le peuple autochtone de cette terre que les colons britanniques appelèrent « Australie », au 18è siècle.

Voici donc DD-tour en route vers le désert rouge et notamment le Parc National de Uluru – Kata Tjuta, classé, depuis 1987 Héritage mondial par l'Unesco tant pour son aspect culturel qu'écologique. En effet, ces sites sont sacrés pour la tribu aborigène habitant cette région, les Anangus.

Uluru au crépuscule

Uluru au crépuscule

Le Parc National d'Uluru – Kata Tjuta fut créé en 1973 sous le nom Ayers Rock – Mont Olga. À ses débuts, le parc était géré conjointement par la Comission de la Conservation pour les territoires du Nord et le Service australien des Parcs nationaux et de la Vie sauvage, les Anangus en étant exclus.

Ce n'est qu'après plusieurs années de négociations que le parc redevint propriété anangue en 1985 (la politique de réappropriation des territoires aborigènes du nord ayant débutée au début des années 1970). Mais cela nécessita une condition : la location du site au gouvernement australien durant 99 ans.

Peinture anangue représentant le travail partagé du parc

Peinture anangue représentant le travail partagé du parc

Aujourd'hui, la gestion du Parc National d'Uluru – Kata-Tjuta est partagée par les Anangus et les rangers Piranpas (non-aborigènes). Les connaissances anagues sont précieuses, il faut dire qu'ils parcourent ces terres depuis plus de 5000 ans ! Chaque point d'eau, rochers, plantes sont connus par les Anciens. Ainsi, le partage des savoirs aborigènes et scientifiques (rangers) permet une gestion durable du site et en adéquation avec les croyances anangues.

Car, dans la culture aborigène, Tjukurpa (traduit par les blancs comme le Temps du rêve) est la loi qui régie tout : à la fois la manière de vivre en harmonie avec ce qui nous entoure, mais elle explique également la création du monde par les êtres ancestraux qui habite encore l'Uluru et Kata-Tjuta (c'est pourquoi ces sites sont sacrés). Tjukurpa est le passé, le présent et l'avenir.

Mais en dehors de ce site plein d'histoire, le rêve existe t-il encore pour les Aborigènes ?

Il serait bien difficile de répondre à cette question à la place d'un Anangu. Néanmoins, lorsque l'on se promène dans ces petites villes du territoire du Nord, difficile de ressentir cette appartenance à une croyance forte en Tjukurpa. L'impression qui me vient au premier abord est que les Aborigènes de ces villes semblent perdus dans cet environnement urbain qui ne leur correspond pas.

Ceci n'est qu'un avis personnel, et il est également compliqué d'avoir des avis « objectifs » d'Australiens car le racisme est très présent envers les Aborigènes qui, selon eux profitent d'aides financières gouvernementales importantes et sombrent dans l'alcoolisme. Les Aborigènes subissent encore une forme de colonisation, l'alcool y contribuant grandement.

Ce clivage géographique et culturel entre aborigènes et population blanche est donc entretenu par une politique visant à conforter l'image de « profiteurs » qu'ont les aborigènes. En maintenant cette image auprès des populations blanches, l'ascenceur social semble bloqué pour les natifs de cette vaste terre. Toute éventuelle ré-inclusion des populations aborigènes dans des sphères décisionnaires semble compromise.

La reconnaissance par les Australiens des atrocités faites durant toute la période de colonisation initiale n'est d'ailleurs qu'à ces débuts. En 2008, le Premier ministre australien Kevin Rudd fit des excuses officielles au peuple aborigène (les premières de l'Histoire).

L'occidentalisation de cette culture ancestrale ne va t-elle pas la conduire à sa perte ? L'exemple s'est déjà produit aux États-Unis avec le peuple amérindien.

Le colon n'apprend-il pas de l'Histoire ? Toute la question est de savoir s'il est préférable de préserver une culture ancestrale et native forte, ou bien de la noyer dans la civilisation dominante (et ses dérives) au point de la réduire à une simple attraction pour touristes.

 

N.B: par respect pour leur culture, aucune photos du peuple anangu n'a été prises.


Prochain détour : la Grande barrière de corail

 

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