Le désert d’Atacama : une terre extraterrestre au creux des Andes

Le désert d'Atacama se situe au nord du Chili. Il s'agit du désert le plus aride du monde. Difficile à imaginer lorsque l'on sait que sur le même continent cohabite également la plus grande forêt tropicale terrestre, l'Amazonie. Et pourtant, les phénomènes climatiques et la topographie font de ce désert le plus sec sur Terre.

Vue sur les Andes et le désert, à San Pedro de Atacama

Vue sur les Andes et le désert, à San Pedro de Atacama

 

En effet, les reliefs du continent sud-américain ont un rôle important dans la naissance de ce milieu. À l'Est, les hauts sommets de la Cordillère des Andes, pouvant dépasser les 6000 mètres d'altitude et à l'Ouest, la continuité côtière basse (plus de 3000 mètres tout de même !) de la Cordillère enserrent le désert d'Atacama, constituant une véritable barrière. Ainsi, les pluies tropicales venant d'Amazonie sont bloquées par les pics andins ; tandis qu'à l'ouest, les pluies venant du Pacifique sont stoppées par le début de la Cordillère. Les précipitations sont donc rares, c'est une des caractéristiques principales d'un milieu désertique.

Ancien camp d'exploitants de sel au coeur du désert d'Atacama

Ancien camp d'exploitants de sel au coeur du désert d'Atacama

 

Malgré ce caractère extrème du désert d'Atacama, certaines populations andines se sont implantées sur ces terres dès la fin du 19ème siècle avec l'apparition de l'industrie minière (pour le cuivre ou le fer). Dans la région de San Pedro de Atacama, on exploitait également le sel, mais depuis une trentaine d'années, les mines ont fermés à cause de la découverte de puits plus rentables. Aujourd'hui, il ne reste de cette exploitation de sel que quelques traces.

 

Outre les exploitations du sous-sol, le désert d'Atacama a séduit un autre secteur d'activité : l'astronomie et l'aérospacial.

On trouve au coeur du désert d'Atacama les plus grands observatoires astronomiques comme l'Observatoire Européen austral qui a construit le plus grand objectif d'observation, le Very Large Telescope (VLT). La très faible nébulosité et l'absence de pollution lumineuse font de ce lieu un endroit idéal pour l'observation du ciel. Et en effet, lorsque vous lève les yeux au ciel en pleine nuit, des dizaines de milliers d'étoiles s'offrent à vous comme vous n'en verrez que dans três peu d'endroits sur Terre. Un spectacle d'autant plus époustouflant lorsque vous vous trouvez dans un lieu appelé la Vallée de la Lune…

Le désert d'Atacama est également, comme dit précédemment, prisé dans l'aérospatial notamment pour les essais de robotiques. La NASA a depuis quelques années investi les lieux. Selon elle, le désert d'Atacama ressemble en de nombreux points à la surface de la planète Mars. Certaines zones du désert sont tellement arides (moins d'un demi millimètre de pluie par an en moyenne) que la végétation semblait inexistante. Le robot Zoé, destiné à une mission de recherche d'espèces vivantes sur Mars, démontra le contraire en trouvant deux espèces végétale et microbienne dans la zone la plus extrème du désert.

Néanmoins, il arrive que la pluie tombe sur le désert, faisant renaître les plantes en latence. C'est ce qui arriva en 2011, où, grâce à une combinaison de facteurs (quantité et fréquence des précipitations, température, etc.), le désert d'Atacama a fleuri comme il ne l'avait jamais été depuis 1989. Ce phénomène de « désert fleuri » est rare et non prévisible. Mais, le temps d'un été, il fait de cette terre ingrate un paradis.

Valle de la Luna, désert d'Atacama

Valle de la Luna, désert d'Atacama

 

 

 

 

Prochain détour : la Bolivie

 

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    En survol : vers l’éco-tourisme sur l’île de Pâques

    En survolant le Pacifique, DD-tour s’est intéressé à l’île de Pâques, une île qui a connu bien des déboires au cours de son histoire mais qui n’a pas dévoilé toutes ses ressources…

     

    Écotourisme : l’île de Pâques veut sonner la fin d’un développement « tout économique »

    L’île de Pâques, également appelée Rapa-Nui, perdue au coeur de l’océan Pacifique à plus de 3600km des côtes sud-américaines et à plus de 4000km de Tahiti, est devenue célèbre pour ses statues, les moais, qui parsèment son territoire. On dénombre pas moins de 900 moais sur l’île, taillés dans la pierre du volcan sacré Rano Raraku. Le mystère vient du fait que près de 400 statues sont inachevées mais aussi de la chute brutale de la population pascuane au 19ème siècle.

    Les moais de l'île de Pâques

    Les moais de l’île de Pâques

    Pas plus grande que l’île d’Oléron, d’une superficie de 165km2, son histoire hante toujours les esprits scientifiques et les amateurs de mystère.

    C’est pourquoi elle est aussi devenue une destination prisée du tourisme chilien.

     

     

     

     

    En écologie, on a longtemps parlé du syndrôme de l’île de Pâques. Celui-ci se rapporte au concept de l’écocide,qui se base sur la théorie selon laquelle les Pascuans auraient surexploités leurs ressources naturelles, notamment la forêt qui a aujourd’hui complétement disparue de l’île, les menant à leur propre perte. Cette théorie, controversée, a été récemment réfutée par deux scientifiques étasuniens qui ont mis à jour, grâce à la palynologie (étude des pollens), un phénomène climatique d’une grande importance, un « méga » El Niño provoquant une période de sécheresse sur l’île pendant plusieurs années consécutives, bouleversant totalement le milieu et la vie des habitants.

     

    Inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, le tourisme est aujourd’hui la principale activité économique de l’île de Pâques. Mais celui-ci pourrait la conduire à sa perte, succombant au syndrôme qui porte son nom. La croissance constante du nombre de touristes accueillis sur l’île devient un risque pour cet écosystème si fragile.

    En 2010, on comptait 70.000 visiteurs annuels tandis qu’en 2000 on n’en dénombrait que 30.000. Le gouvernement chilien conscient du risque touristique potentiel a, en accord avec la communauté rapanuie de l’île, décidé d’en limiter l’accès. Un retour en arrière en somme, puisque le Chili avait fixé le nombre de touristes annuels à 6000 dans les années 1960 avant de succomber au lobby des grands hôtels de luxe.

    Aujourd’hui, l’île de Rapa-Nui a intégré un programme national de tourisme durable. Une concertation conjointe entre les différents acteurs de l’île (la communauté rapanuie, les professionnels du tourisme, le gouvernement chilien) est actuellement menée afin de mettre en place une gestion plus raisonnée de l’activité touristique ainsi qu’une gestion globale du site plus durable. Des questions telles que la production énergétique, le recyclage, l’empreinte écologique et la sensibilisation des touristes sont donc mises sur la table.

    De plus, afin de préserver la riche biodiversité marine, le gouvernement chilien travaille actuellement sur la création d’une aire marine protégée, qui serait la plus grande du monde avec près d’un million de kilomètres carré.

     

    L’île de Pâques pourra-t-elle éclore sous un jour neuf ?

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      Éducation à l’environnement : rencontre avec la New Zealand Association for Environmental Education

      New Zealand Association for Environmental Éducation

      Au cours de ce voyage, il semblait intéressant de se poser la question de la présence de l'éducation à l'environnement et au développement durable à l'étranger (EEDD). La Nouvelle Zélande, connue pour préserver son environnement, est un candidat idéal. DD-tour part donc à la rencontre d'une organisation non-gouvernemantale (ONG) nationale : la New Zealand Association for Environmental Education (NZAEE – Association Néo-Zélandaise pour l'Éducation à l'Environnement).

      Centre de recherche de l'Université d'Hamilton

      Centre de recherche de l'Université d'Hamilton

       

      C'est au sein de l'Université de Hamilton, au centre de Recherche des Sciences et Technologies de l'Éducation, que le co-président de la NZAEE, Chris Eames, me donne rendez-vous.

       

      DD-tour : Comment est née la NZAEE ? Quel est son fonctionnement ?

      Chris Eames (CE) : la NZAEE est une ONG nationale qui s'est construite autour d'un événement annuel, la Semaine de la mer. Elle regroupe des volontaires, tant scientifiques qu'amateurs, ayant pour intérêt commun la préservation de l'environnement et du développement durable des territoires. Aujourd'hui NZAEE compte 200 membres, mais nous comptons faire augmenter ce nombre notamment lors de la prochaine Semaine de la mer qui aura lieu début Mars 2013.

      Contrairement aux associations françaises par exemple, le soutien financier d'entreprises privées est très rare. La NZAEE vit grâce à la cotisation de ses membres et aux soutiens des collectivités locales.

       

      DD-tour : Prenons l'exemple de la Semaine de la mer qui se déroulera prochainement, sur quel(s) axes la NZAEE a-t-elle choisi de sensibiliser les participants ?

      La Semaine de la mer, NZ 2013

      La Semaine de la mer, NZ 2013

      CE : Cette année sera la 22ème édition de la Semaine de la mer. La Nouvelle Zélande étant constituée d'îles, les Kiwis ont tous un rapport à la mer. Nous souhaitons que cet événement national soit basé sur l'échange d'expériences et le partage de connaissances. Cette année, le thème est « Mer en bonne santé, peuple en bonne santé » (Healthy seas, healthy people). Nous mettons en place diverses rencontres sur le terrain, dans les parcs zoologiques sur des thèmes comme la biodiversité, la barrière de corail, comment mesurer la température ou le degré de salinité de l'eau et, surtout, en quoi cela est important… La Semaine de la mer est destinée à tous. Nous proposons des outils et des sorties tant aux particuliers qu'aux écoles élémentaires, secondaires et supérieures.

      L'aspect culturel est également très important en Nouvelle Zélande. La culture maorie a historiquement un grand rapport avec la Nature. Certains processus naturels sont décrits de manière mystique comme le phénomène d'upwelling* au cap nord qui serait un lieu de rencontre d'anciens esprits maoris. C'est aussi ça que nous souhaitons faire partager lors d'événement tel que la Semaine de la mer.

       

      DD-tour : Quelle est le poids de l'éducation à l'environnement et au développement durable (EEDD) en Nouvelle Zélande ?

      CE : L'EEDD est apparu dans la législation néo-zélandaise en 1991, lors de la définition de la nouvelle stratégie environnementale. Néanmoins, elle ne fait pas encore partie intégrante du programme d'éducation nationale. La NZAEE travaille toujours auprès du gouvernement sur ce point.

      Pour les membres de l'association, l'EEDD est un point essentiel à un développement viable sur le long terme. En effet, il nous est nécessaire de comprendre pourquoi et comment nos modes de vie influent sur ce qui nous entoure si nous souhaitons inverser la tendance négative actuelle. Comment ma consommation d'énergie intervient-elle dans le changement climatique ? Pourquoi le gaspillage de l'eau est-il un fléau pour l'environnement ? La loi seule, à travers une éco-taxe par exemple, ne peut impulser un mouvement général. Elle est efficace pour agir dans des situations d'urgence, mais c'est par l'Education que le véritable mouvement de fond pourra intervenir.


      DD-tour : Vue de l'étranger, la Nouvelle Zélande est un pays à l'image plutôt « verte », du fait, pour beaucoup, de son refus historique du nucléaire dans son mix énergétique. Quels sont les défis actuels et à venir de ce pays ?

      CE : Il est vrai que l'énergie produite est majoritairement issue d'énergie renouvelable, l'hydraulique en particulier. L'éolien tend à se développer mais la subjectivité de la beauté ou de la laideur des mâts provoque régulièrement des débats dans les zones d'implantation.

      L'eau représente un défi majeur, d'autant plus que cette année est plus sèche que d'habitude. Les réserves d'eau ont considérablement diminué. La dégradation des ressources et la pollution par les engrais chimiques agricoles accentuent d'autant plus ce problème. Les restrictions d'eau sont peu effectives dans le pays car les Néo-zélandais ne payent pas l'eau consommée. Cette problématique représente l'un des enjeux environnementaux majeurs en Nouvelle Zélande. Si la solution est de faire payer l'eau aux habitants alors il sera nécessaire d'expliquer tous les tenants et les aboutissants afin de faire passer cette réforme, d'où l'importance de l'éducation à l'environnement.

      La préservation de la biodiversité est également un défi de tous les instants. La Nouvelle Zélande compte de nombreuses variétés faunistiques et floristiques endémiques (près de 90 000 espèces! Ndlr) qu'il est nécessaire de protéger.

      Rencontre avec Chris Eawes, co-président de NZAEE

      Rencontre avec Chris Eawes, co-président de NZAEE

      Une rencontre riche de partage et d'échanges.

       

      * l'upwelling est un phénomène naturel marin qui apparaît lors de vents forts sur les côtes ; il correspond à une remontée des eaux profondes et froides à la surface de l'océan, avec tous les nutriments que cela comporte engendrant un écosystème temporaire particulièrement riche.


      Prochain détour : L'île de Pâques

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        Nouvelle Zélande: le bio pour se mettre au verre

        La Nouvelle Zélande se situe à la jonction entre les océans Indien et Pacifique, les terres volcaniques de l'île du nord font face aux glaciers et fjords de l'île du sud pour composer ce magnifique pays.

        DD-tour dans les vignobles du Malborough

        DD-tour dans les vignobles du Malborough

         

        La Nouvelle Zélande, c'est aussi l'un des pays phares en termes de production de vins. Aux antipodes de la France, aux portes de l'Antarctique, difficile de croire que la viticulture ait pris un tel essor ; et pourtant, aujourd'hui, la réputation des vins néo-zélandais n'est plus à faire.

        L'occasion pour DD-tour d'aller parcourir la fameuse « route des vins » du pays des kiwis …

         

        Introduite au début du 19è siècle par les Britanniques, la culture de la vigne est surtout développée par un missionnaire catholique français, Jean-Baptiste Pompallier. Au début des années 1910, le mouvement prohibitioniste instaure de sévères restrictions concernant la vente d'alcool, freinant l'expansion de l'activité vinicole. 20 ans plus tard, le gouvernement relance le secteur en réduisant les importations de vins étrangers, la Seconde Guerre Mondiale venant accentuer cette mesure par les blocus successifs. Durant cette période la superficie vinicole néo-zélandaise double. Malgré les restriction à la vente qui vont perdurer jusqu'en 1989 (date où le marché est ouvert aux supermarchés), la deuxième moitié du 20ème siècle voit les intérêts étrangers approcher l'industrie du vin néo-zélandais, tels que les maisons Cloudy Bay et Pernod-Ricard.

        En 2007, la Nouvelle-Zélande comptait 550 domaines viticoles (wineries) pour 27 000ha plantés. Les quelques 200 millions de litres produits sont en majorité dédiés à l'exportation, à 90% vers l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

        Vignoble certifié Bio, Malborough

        Vignoble certifié Bio, Malborough

        Le Bio est apparu dans ce secteur dans les années 1980. En 2011, l'Association des viticulteurs Bio de Nouvelle-Zélande avait annoncé un objectif de 20% de Bio dans la production nationale de vin. Elle représentait alors 4,5% de la superficie totale soit 1 500ha, ce qui peut sembler modeste si l'on ne prend pas en considération que cette proportion avait été multipliée par 3 en 3 ans.

        En comparaison, en France, on dénombre un peu moins de 1500 viticulteurs Bio pour près de 16 500ha certifiés. Mais par rapport à la superficie totale du vignoble français, le vin Bio ne représente que 1,4%, alors que le Bio est apparu dans les années 1960.

        La Nouvelle – Zélande se lance donc un défi afin de redorer son image verte parfois ternie par une agriculture consommatrice d'intrants chimiques. Pour aller plus loin, les Néo – Zélandais ont mis en place une certification « durable » du vin relatif à l'empreinte carbone de l'activité viticole. Le palmarès des vins nationaux 2012, Air New Zealand Wine Awards 2012, a d'ailleurs récompensé une grande majorité de vins certifiés durables (92%).

        Entre biologique et durable, le vin néo – zélandais se bonifie avec les années, et espérons-le, sans modération !

        Vignobles du Malborough, île Sud de la NZ

        Vignobles du Malborough, île Sud de la NZ

         

         

        Prochain détour : l'éducation à l'environnement en Nouvelle – Zélande

         

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          Australie orientale : Ouvrir les portes de la Grande Barrière

          Être sur le côte Est australienne sans admirer la Grande Barrière de corail ? Impossible !

          Il faut dire qu'elle porte bien son nom car il s'agit du plus grand récif corallien de la planète, longeant la côte sur 2 000 kilomètres et représentant une superficie totale de 348 000Km2 (cela correspond à environ 70% du territoire de France métropolitaine).

          Ce récif corallien fut classé au Patrimoine Mondial par l'Unesco en 1981, mais le gouvernement australien l'avait déjà reconnu en tant que Parc National dès 1973, conscient de son intérêt écologique.

          La Grande Barrière vue du ciel (Unesco)

          La Grande Barrière vue du ciel (Unesco

          La particularité de la Grande Barrière de corail, outre ses dimensions, réside dans la multitude des écosystèmes qu'elle comporte. On y dénombre près de 2500 récifs distincts et 900 îles allant du simple bancs de sable aux îles escarpées couvertes de végétation pouvant atteindre une altitude de 1100m au-dessus du niveau de la mer. Cette grande diversité de milieux est issue de processus géomorphologiques, océaniques et environnementaux ayant cours depuis près de 15 000 ans, alternant périodes glaciaires et interglaciaires.

          La Grande Barrière de corail

          La Grande Barrière de corail

           

          Ceci implique également une faune variée : 400 espèces de coraux (qui, pour rappel, sont une espèce animale vivant en symbiose avec une algue particulière), 1500 espèces de poissons, 240 espèces d'oiseaux, 4000 espèces de mollusques et ce, sans compter les crustacés, éponges et autres espèces vivantes ! La Grande Barrière est également un lieu de villégiature pour quelques espèces de baleines et de tortues marines.

           

          Depuis toujours la Grande Barrière de corail subit les aléas climatiques parfois violents de cette partie du globe : cyclones et tempêtes provoquant des dégâts directs (destructions de certaines zones coralliennes) et indirects (afflux d'eau douce) sur les récifs. Mais cet écosystème élaboré permet de surmonter majoritairement les divers impacts liés à ces perturbations.

          Néanmoins, aujourd'hui, une récente étude réalisée par l'Australian Institute of Marine Sciences montre que la Grande Barrière a perdu 50% des coraux entre 1985 et 2012 ! La première idée qui viendrait à l'esprit serait de blâmer l'industrie touristique ou les changements climatiques. Et bien non!

          Cette étude démontre que 48% de ces pertes seraient dûs aux aléas climatiques. En effet, 34 cyclones ont touché la Grande Barrière depuis 1985, sans compter le cyclone Ostwald de janvier 2013 qui touche gravement les Etats de l'Est australien à l'heure où cet article est rédigé… Autre cause majeure : 42% des pertes de la Grande Barrière proviendraient de la prolifération d'une étoile de mer dévoreuse de coraux, l'acanthaster pourpre. Seuls 2% seraient issus de la hausse de la température et de l'acidification des océans.

          Quant au tourisme et à l'activité de pêcherie au sein du parc, le plan zonage fut redéfini en 2004, élargissant la zone de très haute protection (absence ou quasi absence d'activités humaines) qui représente maintenant 33,6% de la surface de la Grande Barrière (contre 4,5% jusqu'alors).

          Ne pouvant intervenir directement sur le climat, aujourd´hui le challenge consiste à réduire la prolifération des étoiles de mer. Selon l'étude de l'Institut australien, ceci pourrait permettre aux récifs coralliens de se régénérer (+0,89% par an) et potentiellement de faire face aux changements climatiques.

           

           

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            Centre rouge : terre du « rêve » aborigène

            Après avoir visité les villes du Sud de l'Australie, parcouru la Great Ocean Road, j'avais hâte de me rendre dans le centre du pays, à travers le grand désert australien vers les territoires aborigènes. Les Aborigènes représente le peuple autochtone de cette terre que les colons britanniques appelèrent « Australie », au 18è siècle.

            Voici donc DD-tour en route vers le désert rouge et notamment le Parc National de Uluru – Kata Tjuta, classé, depuis 1987 Héritage mondial par l'Unesco tant pour son aspect culturel qu'écologique. En effet, ces sites sont sacrés pour la tribu aborigène habitant cette région, les Anangus.

            Uluru au crépuscule

            Uluru au crépuscule

            Le Parc National d'Uluru – Kata Tjuta fut créé en 1973 sous le nom Ayers Rock – Mont Olga. À ses débuts, le parc était géré conjointement par la Comission de la Conservation pour les territoires du Nord et le Service australien des Parcs nationaux et de la Vie sauvage, les Anangus en étant exclus.

            Ce n'est qu'après plusieurs années de négociations que le parc redevint propriété anangue en 1985 (la politique de réappropriation des territoires aborigènes du nord ayant débutée au début des années 1970). Mais cela nécessita une condition : la location du site au gouvernement australien durant 99 ans.

            Peinture anangue représentant le travail partagé du parc

            Peinture anangue représentant le travail partagé du parc

            Aujourd'hui, la gestion du Parc National d'Uluru – Kata-Tjuta est partagée par les Anangus et les rangers Piranpas (non-aborigènes). Les connaissances anagues sont précieuses, il faut dire qu'ils parcourent ces terres depuis plus de 5000 ans ! Chaque point d'eau, rochers, plantes sont connus par les Anciens. Ainsi, le partage des savoirs aborigènes et scientifiques (rangers) permet une gestion durable du site et en adéquation avec les croyances anangues.

            Car, dans la culture aborigène, Tjukurpa (traduit par les blancs comme le Temps du rêve) est la loi qui régie tout : à la fois la manière de vivre en harmonie avec ce qui nous entoure, mais elle explique également la création du monde par les êtres ancestraux qui habite encore l'Uluru et Kata-Tjuta (c'est pourquoi ces sites sont sacrés). Tjukurpa est le passé, le présent et l'avenir.

            Mais en dehors de ce site plein d'histoire, le rêve existe t-il encore pour les Aborigènes ?

            Il serait bien difficile de répondre à cette question à la place d'un Anangu. Néanmoins, lorsque l'on se promène dans ces petites villes du territoire du Nord, difficile de ressentir cette appartenance à une croyance forte en Tjukurpa. L'impression qui me vient au premier abord est que les Aborigènes de ces villes semblent perdus dans cet environnement urbain qui ne leur correspond pas.

            Ceci n'est qu'un avis personnel, et il est également compliqué d'avoir des avis « objectifs » d'Australiens car le racisme est très présent envers les Aborigènes qui, selon eux profitent d'aides financières gouvernementales importantes et sombrent dans l'alcoolisme. Les Aborigènes subissent encore une forme de colonisation, l'alcool y contribuant grandement.

            Ce clivage géographique et culturel entre aborigènes et population blanche est donc entretenu par une politique visant à conforter l'image de « profiteurs » qu'ont les aborigènes. En maintenant cette image auprès des populations blanches, l'ascenceur social semble bloqué pour les natifs de cette vaste terre. Toute éventuelle ré-inclusion des populations aborigènes dans des sphères décisionnaires semble compromise.

            La reconnaissance par les Australiens des atrocités faites durant toute la période de colonisation initiale n'est d'ailleurs qu'à ces débuts. En 2008, le Premier ministre australien Kevin Rudd fit des excuses officielles au peuple aborigène (les premières de l'Histoire).

            L'occidentalisation de cette culture ancestrale ne va t-elle pas la conduire à sa perte ? L'exemple s'est déjà produit aux États-Unis avec le peuple amérindien.

            Le colon n'apprend-il pas de l'Histoire ? Toute la question est de savoir s'il est préférable de préserver une culture ancestrale et native forte, ou bien de la noyer dans la civilisation dominante (et ses dérives) au point de la réduire à une simple attraction pour touristes.

             

            N.B: par respect pour leur culture, aucune photos du peuple anangu n'a été prises.


            Prochain détour : la Grande barrière de corail

             

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