En survol : vers l’éco-tourisme sur l’île de Pâques

En survolant le Pacifique, DD-tour s'est intéressé à l'île de Pâques, une île qui a connu bien des déboires au cours de son histoire mais qui n'a pas dévoilé toutes ses ressources…

 

Extrait de l'article :

Écotourisme : l'île de Pâques veut sonner la fin d'un développement « tout économique »

L'île de Pâques, également appelée Rapa-Nui, perdue au coeur de l'océan Pacifique à plus de 3600km des côtes sud-américaines et à plus de 4000km de Tahiti, est devenue célèbre pour ses statues, les moais, qui parsèment son territoire. On dénombre pas moins de 900 moais sur l'île, taillés dans la pierre du volcan sacré Rano Raraku. Le mystère vient du fait que près de 400 statues sont inachevées mais aussi de la chute brutale de la population pascuane au 19ème siècle.

Les moais de l'île de Pâques

Les moais de l'île de Pâques

Pas plus grande que l'île d'Oléron, d'une superficie de 165km2, son histoire hante toujours les esprits scientifiques et les amateurs de mystère.

C'est pourquoi elle est aussi devenue une destination prisée du tourisme chilien.

 

 

Lire la suite

Prochain détour : le désert d'Atacama

 

Partagez !
    Catégories: Chili, en survol | Tags: , , | Laisser un commentaire

    Éducation à l’environnement : rencontre avec la New Zealand Association for Environmental Education

    New Zealand Association for Environmental Éducation

    Au cours de ce voyage, il semblait intéressant de se poser la question de la présence de l'éducation à l'environnement et au développement durable à l'étranger (EEDD). La Nouvelle Zélande, connue pour préserver son environnement, est un candidat idéal. DD-tour part donc à la rencontre d'une organisation non-gouvernemantale (ONG) nationale : la New Zealand Association for Environmental Education (NZAEE – Association Néo-Zélandaise pour l'Éducation à l'Environnement).

    Centre de recherche de l'Université d'Hamilton

    Centre de recherche de l'Université d'Hamilton

     

    C'est au sein de l'Université de Hamilton, au centre de Recherche des Sciences et Technologies de l'Éducation, que le co-président de la NZAEE, Chris Eames, me donne rendez-vous.

     

    DD-tour : Comment est née la NZAEE ? Quel est son fonctionnement ?

    Chris Eames (CE) : la NZAEE est une ONG nationale qui s'est construite autour d'un événement annuel, la Semaine de la mer. Elle regroupe des volontaires, tant scientifiques qu'amateurs, ayant pour intérêt commun la préservation de l'environnement et du développement durable des territoires. Aujourd'hui NZAEE compte 200 membres, mais nous comptons faire augmenter ce nombre notamment lors de la prochaine Semaine de la mer qui aura lieu début Mars 2013.

    Contrairement aux associations françaises par exemple, le soutien financier d'entreprises privées est très rare. La NZAEE vit grâce à la cotisation de ses membres et aux soutiens des collectivités locales.

     

    DD-tour : Prenons l'exemple de la Semaine de la mer qui se déroulera prochainement, sur quel(s) axes la NZAEE a-t-elle choisi de sensibiliser les participants ?

    La Semaine de la mer, NZ 2013

    La Semaine de la mer, NZ 2013

    CE : Cette année sera la 22ème édition de la Semaine de la mer. La Nouvelle Zélande étant constituée d'îles, les Kiwis ont tous un rapport à la mer. Nous souhaitons que cet événement national soit basé sur l'échange d'expériences et le partage de connaissances. Cette année, le thème est « Mer en bonne santé, peuple en bonne santé » (Healthy seas, healthy people). Nous mettons en place diverses rencontres sur le terrain, dans les parcs zoologiques sur des thèmes comme la biodiversité, la barrière de corail, comment mesurer la température ou le degré de salinité de l'eau et, surtout, en quoi cela est important… La Semaine de la mer est destinée à tous. Nous proposons des outils et des sorties tant aux particuliers qu'aux écoles élémentaires, secondaires et supérieures.

    L'aspect culturel est également très important en Nouvelle Zélande. La culture maorie a historiquement un grand rapport avec la Nature. Certains processus naturels sont décrits de manière mystique comme le phénomène d'upwelling* au cap nord qui serait un lieu de rencontre d'anciens esprits maoris. C'est aussi ça que nous souhaitons faire partager lors d'événement tel que la Semaine de la mer.

     

    DD-tour : Quelle est le poids de l'éducation à l'environnement et au développement durable (EEDD) en Nouvelle Zélande ?

    CE : L'EEDD est apparu dans la législation néo-zélandaise en 1991, lors de la définition de la nouvelle stratégie environnementale. Néanmoins, elle ne fait pas encore partie intégrante du programme d'éducation nationale. La NZAEE travaille toujours auprès du gouvernement sur ce point.

    Pour les membres de l'association, l'EEDD est un point essentiel à un développement viable sur le long terme. En effet, il nous est nécessaire de comprendre pourquoi et comment nos modes de vie influent sur ce qui nous entoure si nous souhaitons inverser la tendance négative actuelle. Comment ma consommation d'énergie intervient-elle dans le changement climatique ? Pourquoi le gaspillage de l'eau est-il un fléau pour l'environnement ? La loi seule, à travers une éco-taxe par exemple, ne peut impulser un mouvement général. Elle est efficace pour agir dans des situations d'urgence, mais c'est par l'Education que le véritable mouvement de fond pourra intervenir.


    DD-tour : Vue de l'étranger, la Nouvelle Zélande est un pays à l'image plutôt « verte », du fait, pour beaucoup, de son refus historique du nucléaire dans son mix énergétique. Quels sont les défis actuels et à venir de ce pays ?

    CE : Il est vrai que l'énergie produite est majoritairement issue d'énergie renouvelable, l'hydraulique en particulier. L'éolien tend à se développer mais la subjectivité de la beauté ou de la laideur des mâts provoque régulièrement des débats dans les zones d'implantation.

    L'eau représente un défi majeur, d'autant plus que cette année est plus sèche que d'habitude. Les réserves d'eau ont considérablement diminué. La dégradation des ressources et la pollution par les engrais chimiques agricoles accentuent d'autant plus ce problème. Les restrictions d'eau sont peu effectives dans le pays car les Néo-zélandais ne payent pas l'eau consommée. Cette problématique représente l'un des enjeux environnementaux majeurs en Nouvelle Zélande. Si la solution est de faire payer l'eau aux habitants alors il sera nécessaire d'expliquer tous les tenants et les aboutissants afin de faire passer cette réforme, d'où l'importance de l'éducation à l'environnement.

    La préservation de la biodiversité est également un défi de tous les instants. La Nouvelle Zélande compte de nombreuses variétés faunistiques et floristiques endémiques (près de 90 000 espèces! Ndlr) qu'il est nécessaire de protéger.

    Rencontre avec Chris Eawes, co-président de NZAEE

    Rencontre avec Chris Eawes, co-président de NZAEE

    Une rencontre riche de partage et d'échanges.

     

    * l'upwelling est un phénomène naturel marin qui apparaît lors de vents forts sur les côtes ; il correspond à une remontée des eaux profondes et froides à la surface de l'océan, avec tous les nutriments que cela comporte engendrant un écosystème temporaire particulièrement riche.


    Prochain détour : L'île de Pâques

    Partagez !
      Catégories: Nouvelle Zélande | Tags: , , , | 1 Commentaire

      Nouvelle Zélande: le bio pour se mettre au verre

      La Nouvelle Zélande se situe à la jonction entre les océans Indien et Pacifique, les terres volcaniques de l'île du nord font face aux glaciers et fjords de l'île du sud pour composer ce magnifique pays.

      DD-tour dans les vignobles du Malborough

      DD-tour dans les vignobles du Malborough

       

      La Nouvelle Zélande, c'est aussi l'un des pays phares en termes de production de vins. Aux antipodes de la France, aux portes de l'Antarctique, difficile de croire que la viticulture ait pris un tel essor ; et pourtant, aujourd'hui, la réputation des vins néo-zélandais n'est plus à faire.

      L'occasion pour DD-tour d'aller parcourir la fameuse « route des vins » du pays des kiwis …

       

      Introduite au début du 19è siècle par les Britanniques, la culture de la vigne est surtout développée par un missionnaire catholique français, Jean-Baptiste Pompallier. Au début des années 1910, le mouvement prohibitioniste instaure de sévères restrictions concernant la vente d'alcool, freinant l'expansion de l'activité vinicole. 20 ans plus tard, le gouvernement relance le secteur en réduisant les importations de vins étrangers, la Seconde Guerre Mondiale venant accentuer cette mesure par les blocus successifs. Durant cette période la superficie vinicole néo-zélandaise double. Malgré les restriction à la vente qui vont perdurer jusqu'en 1989 (date où le marché est ouvert aux supermarchés), la deuxième moitié du 20ème siècle voit les intérêts étrangers approcher l'industrie du vin néo-zélandais, tels que les maisons Cloudy Bay et Pernod-Ricard.

      En 2007, la Nouvelle-Zélande comptait 550 domaines viticoles (wineries) pour 27 000ha plantés. Les quelques 200 millions de litres produits sont en majorité dédiés à l'exportation, à 90% vers l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

      Vignoble certifié Bio, Malborough

      Vignoble certifié Bio, Malborough

      Le Bio est apparu dans ce secteur dans les années 1980. En 2011, l'Association des viticulteurs Bio de Nouvelle-Zélande avait annoncé un objectif de 20% de Bio dans la production nationale de vin. Elle représentait alors 4,5% de la superficie totale soit 1 500ha, ce qui peut sembler modeste si l'on ne prend pas en considération que cette proportion avait été multipliée par 3 en 3 ans.

      En comparaison, en France, on dénombre un peu moins de 1500 viticulteurs Bio pour près de 16 500ha certifiés. Mais par rapport à la superficie totale du vignoble français, le vin Bio ne représente que 1,4%, alors que le Bio est apparu dans les années 1960.

      La Nouvelle – Zélande se lance donc un défi afin de redorer son image verte parfois ternie par une agriculture consommatrice d'intrants chimiques. Pour aller plus loin, les Néo – Zélandais ont mis en place une certification « durable » du vin relatif à l'empreinte carbone de l'activité viticole. Le palmarès des vins nationaux 2012, Air New Zealand Wine Awards 2012, a d'ailleurs récompensé une grande majorité de vins certifiés durables (92%).

      Entre biologique et durable, le vin néo – zélandais se bonifie avec les années, et espérons-le, sans modération !

      Vignobles du Malborough, île Sud de la NZ

      Vignobles du Malborough, île Sud de la NZ

       

       

      Prochain détour : l'éducation à l'environnement en Nouvelle – Zélande

       

      Partagez !
        Catégories: Nouvelle Zélande | Tags: , , | Laisser un commentaire

        Australie orientale : Ouvrir les portes de la Grande Barrière

        Être sur le côte Est australienne sans admirer la Grande Barrière de corail ? Impossible !

        Il faut dire qu'elle porte bien son nom car il s'agit du plus grand récif corallien de la planète, longeant la côte sur 2 000 kilomètres et représentant une superficie totale de 348 000Km2 (cela correspond à environ 70% du territoire de France métropolitaine).

        Ce récif corallien fut classé au Patrimoine Mondial par l'Unesco en 1981, mais le gouvernement australien l'avait déjà reconnu en tant que Parc National dès 1973, conscient de son intérêt écologique.

        La Grande Barrière vue du ciel (Unesco)

        La Grande Barrière vue du ciel (Unesco

        La particularité de la Grande Barrière de corail, outre ses dimensions, réside dans la multitude des écosystèmes qu'elle comporte. On y dénombre près de 2500 récifs distincts et 900 îles allant du simple bancs de sable aux îles escarpées couvertes de végétation pouvant atteindre une altitude de 1100m au-dessus du niveau de la mer. Cette grande diversité de milieux est issue de processus géomorphologiques, océaniques et environnementaux ayant cours depuis près de 15 000 ans, alternant périodes glaciaires et interglaciaires.

        La Grande Barrière de corail

        La Grande Barrière de corail

         

        Ceci implique également une faune variée : 400 espèces de coraux (qui, pour rappel, sont une espèce animale vivant en symbiose avec une algue particulière), 1500 espèces de poissons, 240 espèces d'oiseaux, 4000 espèces de mollusques et ce, sans compter les crustacés, éponges et autres espèces vivantes ! La Grande Barrière est également un lieu de villégiature pour quelques espèces de baleines et de tortues marines.

         

        Depuis toujours la Grande Barrière de corail subit les aléas climatiques parfois violents de cette partie du globe : cyclones et tempêtes provoquant des dégâts directs (destructions de certaines zones coralliennes) et indirects (afflux d'eau douce) sur les récifs. Mais cet écosystème élaboré permet de surmonter majoritairement les divers impacts liés à ces perturbations.

        Néanmoins, aujourd'hui, une récente étude réalisée par l'Australian Institute of Marine Sciences montre que la Grande Barrière a perdu 50% des coraux entre 1985 et 2012 ! La première idée qui viendrait à l'esprit serait de blâmer l'industrie touristique ou les changements climatiques. Et bien non!

        Cette étude démontre que 48% de ces pertes seraient dûs aux aléas climatiques. En effet, 34 cyclones ont touché la Grande Barrière depuis 1985, sans compter le cyclone Ostwald de janvier 2013 qui touche gravement les Etats de l'Est australien à l'heure où cet article est rédigé… Autre cause majeure : 42% des pertes de la Grande Barrière proviendraient de la prolifération d'une étoile de mer dévoreuse de coraux, l'acanthaster pourpre. Seuls 2% seraient issus de la hausse de la température et de l'acidification des océans.

        Quant au tourisme et à l'activité de pêcherie au sein du parc, le plan zonage fut redéfini en 2004, élargissant la zone de très haute protection (absence ou quasi absence d'activités humaines) qui représente maintenant 33,6% de la surface de la Grande Barrière (contre 4,5% jusqu'alors).

        Ne pouvant intervenir directement sur le climat, aujourd´hui le challenge consiste à réduire la prolifération des étoiles de mer. Selon l'étude de l'Institut australien, ceci pourrait permettre aux récifs coralliens de se régénérer (+0,89% par an) et potentiellement de faire face aux changements climatiques.

         

         

        Prochain détour : la Nouvelle Zélande

         

        Partagez !
          Catégories: Australie | Tags: | Laisser un commentaire

          Centre rouge : terre du « rêve » aborigène

          Après avoir visité les villes du Sud de l'Australie, parcouru la Great Ocean Road, j'avais hâte de me rendre dans le centre du pays, à travers le grand désert australien vers les territoires aborigènes. Les Aborigènes représente le peuple autochtone de cette terre que les colons britanniques appelèrent « Australie », au 18è siècle.

          Voici donc DD-tour en route vers le désert rouge et notamment le Parc National de Uluru – Kata Tjuta, classé, depuis 1987 Héritage mondial par l'Unesco tant pour son aspect culturel qu'écologique. En effet, ces sites sont sacrés pour la tribu aborigène habitant cette région, les Anangus.

          Uluru au crépuscule

          Uluru au crépuscule

          Le Parc National d'Uluru – Kata Tjuta fut créé en 1973 sous le nom Ayers Rock – Mont Olga. À ses débuts, le parc était géré conjointement par la Comission de la Conservation pour les territoires du Nord et le Service australien des Parcs nationaux et de la Vie sauvage, les Anangus en étant exclus.

          Ce n'est qu'après plusieurs années de négociations que le parc redevint propriété anangue en 1985 (la politique de réappropriation des territoires aborigènes du nord ayant débutée au début des années 1970). Mais cela nécessita une condition : la location du site au gouvernement australien durant 99 ans.

          Peinture anangue représentant le travail partagé du parc

          Peinture anangue représentant le travail partagé du parc

          Aujourd'hui, la gestion du Parc National d'Uluru – Kata-Tjuta est partagée par les Anangus et les rangers Piranpas (non-aborigènes). Les connaissances anagues sont précieuses, il faut dire qu'ils parcourent ces terres depuis plus de 5000 ans ! Chaque point d'eau, rochers, plantes sont connus par les Anciens. Ainsi, le partage des savoirs aborigènes et scientifiques (rangers) permet une gestion durable du site et en adéquation avec les croyances anangues.

          Car, dans la culture aborigène, Tjukurpa (traduit par les blancs comme le Temps du rêve) est la loi qui régie tout : à la fois la manière de vivre en harmonie avec ce qui nous entoure, mais elle explique également la création du monde par les êtres ancestraux qui habite encore l'Uluru et Kata-Tjuta (c'est pourquoi ces sites sont sacrés). Tjukurpa est le passé, le présent et l'avenir.

          Mais en dehors de ce site plein d'histoire, le rêve existe t-il encore pour les Aborigènes ?

          Il serait bien difficile de répondre à cette question à la place d'un Anangu. Néanmoins, lorsque l'on se promène dans ces petites villes du territoire du Nord, difficile de ressentir cette appartenance à une croyance forte en Tjukurpa. L'impression qui me vient au premier abord est que les Aborigènes de ces villes semblent perdus dans cet environnement urbain qui ne leur correspond pas.

          Ceci n'est qu'un avis personnel, et il est également compliqué d'avoir des avis « objectifs » d'Australiens car le racisme est très présent envers les Aborigènes qui, selon eux profitent d'aides financières gouvernementales importantes et sombrent dans l'alcoolisme. Les Aborigènes subissent encore une forme de colonisation, l'alcool y contribuant grandement.

          Ce clivage géographique et culturel entre aborigènes et population blanche est donc entretenu par une politique visant à conforter l'image de « profiteurs » qu'ont les aborigènes. En maintenant cette image auprès des populations blanches, l'ascenceur social semble bloqué pour les natifs de cette vaste terre. Toute éventuelle ré-inclusion des populations aborigènes dans des sphères décisionnaires semble compromise.

          La reconnaissance par les Australiens des atrocités faites durant toute la période de colonisation initiale n'est d'ailleurs qu'à ces débuts. En 2008, le Premier ministre australien Kevin Rudd fit des excuses officielles au peuple aborigène (les premières de l'Histoire).

          L'occidentalisation de cette culture ancestrale ne va t-elle pas la conduire à sa perte ? L'exemple s'est déjà produit aux États-Unis avec le peuple amérindien.

          Le colon n'apprend-il pas de l'Histoire ? Toute la question est de savoir s'il est préférable de préserver une culture ancestrale et native forte, ou bien de la noyer dans la civilisation dominante (et ses dérives) au point de la réduire à une simple attraction pour touristes.

           

          N.B: par respect pour leur culture, aucune photos du peuple anangu n'a été prises.


          Prochain détour : la Grande barrière de corail

           

          Partagez !
            Catégories: Australie | Tags: , , , , | Laisser un commentaire

            Australie : quand les kangourous font bondir l’opinion

            Armoiries australiennes

            Armoiries australiennes

            Dans l'esprit de chacun, les animaux emblématiques de l'Australie sont le kangourou et le koala, tous deux des marsupiaux que l'on ne rencontre que dans cette partie du globe. Mais depuis quelques années, le kangourou fait parler de lui. On entend par les médias et le gouvernement que le kangourou est devenu un parasite, détruisant les cultures et participant même à l'extinction d'espèces endémiques (reptiles notamment). Amendée par les fermiers locaux et certaines structures de protection de l'environnement, voici la chasse aux kangourous ouverte.

            Viande de kangourou

            Viande de kangourou

            Depuis la légalisation généralisée de la consommation de sa viande en 1993, le kangourou représente un maillon important dans l'industrie agro-alimentaire australienne. L'exploitation de l'animal, tant pour sa viande que pour son cuir, représente près de 270 millions de dollars de revenu annuel (chiffre de 2010). De nombreuses associations locales et internationales dénoncent le lobby industriel et la propagande mise en place pour promouvoir l'abattage des kangourous. Des campagnes ont lieu chaque année dans la région de Canberra pour stopper l'abattage annuel des kangourous orchestré par le gouvernement et … approuvé par la SPA australienne ! En 2012, 2000 marsupiaux ont ainsi été abattus. Mais ces chiffres officiels ne tiennent pas compte des bébés qui ne survivront pas à la mort de leur mère ou des nombreux animaux morts que l'on découvre le long des routes (depuis mon arrivée, je n'ai vu que 3 kangourous vivants pour une bonne trentaine morts laissés sur le bas côté des routes). Ainsi, le chiffre annuel officiel de 5,5 millions d'animaux tués lors de ces campagnes d'abattage pourrait jusqu'à être doublé pour avoir le nombre réel de kangourous morts par an (selon l'association Vita!)

            Tandis que les raisons telles que la prolifération de l'espèce sont avancées, on peut noter qu'aujourd'hui la population de kangourous est estimée à 25% de ce qu'elle était avant l'arrivée des colons à la fin du 18è siècle. Et pourtant, le discours dominant est à l'envahissement du pays-continent par son emblème bondissant.

            Kangourou, dans le parc Kata Tjuta

            Kangourou, dans le parc Kata Tjuta

            L'argument de la dérégulation complète des effectifs de kangourous sont d'autant plus étonnants que cet animal étonnant peut s'adapter à son milieu, par son système reproductif. La femelle peut en effet décider quand aura lieu la fécondation, sur une durée de 12 mois. Ainsi, en cas de sécheresse, la femelle peut retarder la fécondation qui ne prendrait sinon qu'une trentaine de jours. Ce marsupial peut donc réguler lui-même sa population en fonction des ressources présentes, celles-ci n'ayant d'ailleurs cessé de diminuer avec l'installation d'exploitations agricoles.


            Le débat est lancé, et c'est toute l'Australie de l'écologie qui est divisée, à l'heure où des battues ont lieu chaque nuit pour « règler le problème » de la surpopulation des kangourous. Dans ce contexte, qui croire ? Les ONG locales et internationales de protection des animaux ? Le gouvernement qui bénéficie de l'appui de la SPA australienne …

            Le kangourou, présent sur le blason australien, serait-il victime de ses qualités « industrialisables » (cuir de kangourou très prisé, viande fumée et moins grasse que le boeuf…) ?

            À la différence de la Chine avec le grand panda, l'Australie est en en proie à un affrontement frontal avec son animal national, que le gouvernement doit négocier avec souplesse pour ne pas tuer ce qui s'apparente aujourd'hui à une poule aux oeufs d'or.

            Alors qu'en définitive, avec le kangourou, l'objectif des industriels et des associations écologistes est le même : continuer de remplir les poches…

             

             

            Prochain détour : Australie centrale et territoires aborigènes

             

            Partagez !
              Catégories: Australie | Laisser un commentaire