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Patagonie argentine : entre Terre de feu et terre de glace

Posted by on 26 mars 2013
Carte de la Patagonie

Carte de la Patagonie

 

La Patagonie, à cheval entre le Chili et l'Argentine, est la région la plus australe du monde, Antarctique mis à part. Cette terre d'aventures a captivé les Européens depuis des siècles qu'ils soient navigateurs ou adeptes des grands espaces. Aujourd´hui, DD-tour part à la découverte de cette terre légendaire : la Terre de feu. De la ville du bout du monde aux glaciers argentins, la Patagonie s'offre à vous…

Au bout du monde…

La province de la Terre de feu est isolée du reste du pays ; en effet, le détroit de Magellan, sous autorité chilienne, sépare la province de l'Argentine. Au sud de la Grande île se situe la ville d'Ushuaia, baptisée la ville la plus australe du monde. Cette enclave argentine a connu une histoire mouvementée entre le pétrole et l'industrie. Pendant longtemps, cette terre rude, du fait de son climat froid et sec, n'a compté que très peu d'habitants qui vivaient de la culture et de l'élevage. Afin de revendiquer ce territoire face au Chili, l'Argentine se devait d'y développer l'économie et accroître son attractivité. Cela commença par l'exploitation pétrolière dans les années 1940 qui représentait en 1980 43% du PNB (produit national brut) de la province.

Dans les années 1960, le gouvernement a souhaité développer davantage le secteur industriel de la région. Afin d'attirer les entreprises tant nationales qu'internationales, des avantages fiscaux ont été instaurés dans la province : réduction d'impôts ou non imposition, absence de taxes douanières… L'industrie devient le secteur moteur de la Terre de feu, approvisionnant l'Argentine en produits électroménager, textile, audiovisuel, etc. Ce boom industriel relégua l'exploitation pétrolière en 2ème position. En 1998, à son apogée, l'industrie représentait 63% du PNB de la province.

Ceci a également entrainé une migration de la population vers la Terre de feu : en 30 ans, le nombre d'habitants a augmenté de 900%, passant de 13.400 habitants en 1970 à 121.000 en 2001 ! L'attraction d'un emploi dans le secteur industriel où les salaires étaient plus élevés que la moyenne nationale en est la cause principale. Mais cet âge d'or fut rapidement mis en concurrence avec d'autres zones franches du MERCOSUR, notamment celle du Brésil, ce qui incita la délocalisation d'entreprises et, socialement, à une « remise à niveau » des salaires (par rapport à la moyenne nationale).

Aujourd'hui, la province de la Terre de feu en pleine réflexion sur son avenir : quel développement mettre en place ? Comment redorer le mythe ?

Le tourisme pourrait – il répondre aux nouvelles attentes ? Entre les parcs naturels et la porte vers l'Antarctique, la Terre de feu pourrait devenir le nouvel El Dorado d'un développement où nature et économie sociale vivrait en parfaite harmonie.

Ushuaia

Ushuaia

Sus au changement climatique : le Perito Moreno

Il est l'heure de quitter Ushuaia pour remonter vers le nord. Pour cela, on emprunte la Route 40, qui est à l'Argentine ce que la Route 66 est au États-Unis. L'objectif : le parc national de Los Glacieres et notamment le glacier Perito Moreno. La particularité de celui-ci est … qu'il continue d'avancer ! Un pied de nez au changement climatique qui induit majoritairement un recul des glaciers ; d'ailleurs, 90% des glaciers de l'Antarctique et de Patagonie sont en régression.

Mais les effets du changement climatique ne sont pas les mêmes partout : dans certaines régions du globe, il fera plus sec et dans d'autres plus humide, cela dépend de nombreux paramètres (relief, courant, situation…).

Le Perito Moreno

Le Perito Moreno

Le Perito Moreno mesure près de 33km de long, environ 60m de hauteur sur une superficie de près de 250km2 et avance, en moyenne, d'un mètre par jour. Néanmoins, il ne peut avancer à l'infini, la péninsule de Magellan le bloquant à son seuil maximum. Le Perito Moreno scinde alors le Lago Argentino en deux. C'est un phénomène cyclique marqué par « la rupture » chaque automne (en mars généralement) qui correspond à la fracture du glacier, engendrée par l'accumulation progressive d'eau (issue de la fonte de la glace et de la neige lors de la saison estivale) dans les fissures du glacier. Un phénomène spectaculaire paraît – il.


Démarche de protection :  » remportez vos déchets… et prenez les notres aussi! « 

Parc national de la Terre de feu

Parc national de la Terre de feu

Les paysages et la diversité des milieux font de la Patagonie un paradis pour les amoureux de la nature. Et l'Argentine en a bien conscience, elle compte 29 parcs nationaux protégeant des écosystèmes variés allant du parc d'Iguazu en pleine forêt tropicale au parc de la Terre de feu, le plus austral du monde. Les politiques touristiques sont néanmoins différentes selon les parcs. Le parc national de Los Glaciares (où l'on trouve le Perito Moreno) a mis en place une politique particulière concernant la gestion des déchets. En effet, il n'y a pas de poubelles au sein du parc. Lorsque vous payez votre droit d'entrée au parc, on vous donne, en plus de votre ticket, un sac en plastique (biodégradable). Ici, le touriste est à la fois consommateur et éboueur, une bonne manière de se prendre conscience de la quantité de déchets que nous pouvons produire! Plus fort encore, il n'est pas simplement demandé aux touristes d'emporter leurs propres déchets : le parc profite également des bus touristiques pour transporter les déchets (des restaurants ou magasins présents sur place) jusqu'à El Calafate, principale ville du secteur.

 

Des enjeux environnementaux très importants

Pour autant, l'activité anthropique induit parfois quelques effets néfastes : la déforestation est le risque majeur de la forêt patagonienne. Le continent sud-américain perd 4 millions d'hectares de forêt chaque années. Durant les 100 années, la Patagonie (argentine et chilienne) a perdu plus de 30.000km2 de sa surface forestière, ce qui, pour cet écosystème fragile, est considérable. Une campagne de reboisement, majoritairement au Chili, a d'ailleur été lancé : Reforestemos Patagonia. Sur le même principe que le programme de l'ONU Plantons pour la planète, cette initiative est soutenue par diverses structures (publiques, privées et associatives) et chacun peut participer en faisant un don via leur plate-forme internet. Chaque donneur recevra ensuite les coordonnées de l'arbre qu'il a aidé à planter.

 

Au coeur d'un pays argentin en pleine crise économique depuis plus de 10 ans, la Terre de feu fait figure d'exception, portée notamment par l'industrie touristique. Cette région est donc la figure de proue d'une Argentine qui souhaite démontrer que crise économique et préservation de l'environnement ne sont pas nécessairement antinomyques. Jusqu'à quel point ?

 

 

Prochain détour : l'Argentine agricole

 

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